Obligation & modèle gratuit

Registre de sécurité incendie : obligation, contenu et modèle

Qui doit le tenir, ce qu'il doit contenir selon la loi, ce qui change prochainement — et un modèle gratuit à télécharger, sans inscription ni e-mail.

Mainteneur certifié APSAD Devis gratuit, sans engagement Partout en France
Registre de sécurité incendie ouvert sur un bureau avec dates de vérification et tampons
Modèle gratuit
Document obligatoire
Page de registre de sécurité avec tableau de dates de contrôles renseigné au fil de l'eau
Mémoire de l'établissement
Définition

Qu'est-ce que le registre de sécurité incendie ?

Le registre de sécurité incendie est le document de référence qui retrace la vie d'un établissement en matière de sécurité incendie. Il rassemble, dans la durée, les informations sur le personnel chargé de la sécurité, les consignes, les dates de tous les contrôles et vérifications réglementaires, et les travaux réalisés.

Concrètement, c'est la mémoire et la preuve de conformité de l'établissement. Lorsque la commission de sécurité visite un ERP, c'est le premier document qu'elle demande : il atteste que les équipements (extincteurs, alarme, désenfumage, éclairage de sécurité…) sont effectivement entretenus et vérifiés. Un registre tenu à jour est donc autant un outil de gestion qu'une protection juridique pour l'exploitant.

Attention à une confusion fréquente : on parle souvent du « registre de sécurité » au singulier comme s'il s'agissait d'un document unique et universel. En réalité, le régime n'est pas le même selon que l'on est dans un établissement recevant du public ou sur un lieu de travail — nous détaillons cette distinction plus bas.

Obligation

Pour quels établissements le registre est-il obligatoire ?

L'obligation et sa forme dépendent du cadre juridique applicable. Trois grandes situations à distinguer : ERP (CCH R143-44), lieux de travail (Code du travail) et IGH / habitation.

CCH art. R143-44

Les ERP

Tout établissement recevant du public (commerce, hôtel, restaurant, école, cabinet, salle de sport…) doit tenir un registre de sécurité, présenté à la commission de sécurité lors de ses visites. C'est le registre « historique » de la sécurité incendie.

Code du travail

Les lieux de travail

Le Code du travail ne crée pas un « registre de sécurité » global comme l'ERP, mais impose plusieurs obligations distinctes de traçabilité : registre des exercices d'évacuation, consignes de sécurité, dossier de maintenance des installations.

Réglementation spécifique

Habitation & IGH

Les immeubles de grande hauteur (IGH) relèvent d'un régime propre (CCH art. R146-35), et certains immeubles d'habitation ont des obligations de suivi de leurs équipements communs (désenfumage, colonnes sèches, portes coupe-feu).

Les ERP : la base, c'est le CCH article R143-44

Pour les établissements recevant du public, l'obligation du registre de sécurité est fondée sur l'article R143-44 du Code de la construction et de l'habitation. Cet article a remplacé l'ancien article R123-51, aujourd'hui abrogé — un point que beaucoup de ressources en ligne n'ont pas encore corrigé. Si une source vous renvoie encore au « R123-51 », elle est dépassée.

Le registre y est défini comme le document sur lequel l'exploitant reporte les renseignements indispensables à la bonne marche du service de sécurité. Il est tenu à la disposition de la commission de sécurité, qui le consulte à chaque visite.

Les lieux de travail : un régime différent, à ne pas confondre

Le Code du travail n'institue pas un « registre de sécurité » global comme en ERP. Il impose en revanche plusieurs obligations distinctes de traçabilité, qui répondent au même objectif de preuve mais sous une forme éclatée :

R4227-39 Exercices d'évacuation

Des essais et exercices d'évacuation ont lieu au moins tous les six mois ; leur date et les observations auxquelles ils donnent lieu sont consignées sur un registre tenu à la disposition de l'inspection du travail.

R4227-37 / R4227-38 Consigne de sécurité incendie

Une consigne de sécurité incendie est établie et affichée dans les établissements concernés ; son contenu (alarme, évacuation, moyens de secours, alerte des secours) est précisé par ces articles.

R4224-17 Maintenance des installations

Les installations et dispositifs techniques sont entretenus et vérifiés suivant une périodicité appropriée ; les opérations sont consignées dans un dossier tenu à disposition de l'inspection du travail.

À retenir : le Code du travail ne fixe aucune fréquence chiffrée par type de matériel. Il parle de « périodicité appropriée ». Les fréquences annuelles que l'on lit souvent (extincteurs, BAES…) viennent des normes techniques et des référentiels d'assureurs, ou du règlement de sécurité des ERP — pas du Code du travail.

Habitation et immeubles de grande hauteur

Les immeubles de grande hauteur (IGH) relèvent d'un régime spécifique, avec leur propre registre (article R146-35 du CCH). Quant aux immeubles d'habitation, ils n'ont pas de registre de sécurité au sens ERP, mais leurs équipements communs de sécurité (désenfumage, colonnes sèches, portes et clapets coupe-feu, installations électriques des parties communes) doivent être maintenus et leur suivi documenté par le syndic ou le gestionnaire.

Contenu

Que doit contenir le registre de sécurité incendie ?

En ERP, l'article R143-44 du CCH fixe une liste limitative de quatre points. Les voici, dans leurs termes.

1° · L'état du personnel chargé du service d'incendie

Les personnes en charge de la sécurité incendie dans l'établissement, leurs fonctions et, en pratique, leurs formations (SSIAP, équipier de première intervention).

2° · Les diverses consignes en cas d'incendie

Consignes générales et particulières, y compris les consignes d'évacuation tenant compte des différents types de handicap.

3° · Les dates des contrôles et vérifications

Les dates des contrôles et vérifications réglementaires, ainsi que les observations auxquelles ceux-ci ont donné lieu.

4° · Les dates des travaux d'aménagement et de transformation

Leur nature, le nom de l'entrepreneur (ou des entrepreneurs) et, le cas échéant, celui de l'architecte ou du technicien chargé de surveiller les travaux.

Au-delà de ces quatre points strictement limitatifs, la pratique élargit le registre à d'autres éléments utiles : la formation du personnel, les exercices d'évacuation, les plans d'intervention, les attestations de réception des installations, ou encore les procès-verbaux des visites de la commission de sécurité.

Une nuance utile : la formation du personnel et les exercices d'évacuation ne figurent pas mot pour mot dans les quatre alinéas de l'article R143-44 — ils relèvent du règlement de sécurité et, en milieu de travail, de l'article R4227-39 du Code du travail (exercices au moins tous les six mois). Ils sont toutefois consignés au registre dans la pratique courante, car la commission de sécurité les attend.

Évolution réglementaire — applicable au 1ᵉʳ juillet 2026

Ce qui change pour le registre de sécurité

Le décret n° 2025-1100 du 19 novembre 2025 fait évoluer le cadre du registre de sécurité incendie des ERP et des IGH. Il entre en vigueur le 1ᵉʳ juillet 2026 et enrichit le contenu du registre en modifiant les articles R143-44 et R146-35 du CCH, tout en créant de nouveaux articles (R141-10 et R141-11) consacrés notamment au registre et aux solutions d'effet équivalent.

Une seconde étape, prévue au 1ᵉʳ janvier 2027, intégrera la sécurité incendie des bâtiments à usage professionnel (BUP) dans le Code de la construction et de l'habitation, par transfert depuis le Code du travail.

Concrètement, si vous mettez en place ou révisez votre registre, prévoyez une structure qui pourra accueillir ces nouvelles exigences : c'est l'esprit du modèle proposé plus bas, qui mentionne déjà cette évolution.

Responsabilité

Qui doit tenir le registre et le présenter ?

La responsabilité du registre revient à l'exploitant, c'est-à-dire le chef d'établissement. C'est lui qui le tient, le complète à chaque événement (vérification, travaux, exercice, changement de personnel de sécurité) et garantit qu'il reflète la réalité de l'établissement.

Le registre doit pouvoir être présenté à la commission de sécurité compétente (la CCDSA et ses sous-commissions) lors de ses visites périodiques ou inopinées. Un registre incomplet, non tenu à jour ou introuvable est l'un des motifs récurrents d'observation, voire d'avis défavorable, lors de ces contrôles.

L'exploitant peut s'appuyer sur des prestataires pour réaliser et consigner les vérifications, mais la tenue du registre lui-même reste de sa responsabilité : il ne peut pas la déléguer entièrement.

Bonne pratique

Un registre se tient au fil de l'eau, pas la veille de la visite

La valeur du registre tient à sa régularité. Chaque vérification d'extincteur, exercice d'évacuation, intervention sur l'alarme ou modification des locaux doit y être reportée au moment où elle a lieu, avec sa date, l'intervenant et les observations.

Reconstituer un historique la veille d'une commission de sécurité se voit immédiatement et fragilise l'exploitant. Mieux vaut un geste régulier qu'un rattrapage de dernière minute : c'est aussi ce qui transforme le registre en véritable mémoire de l'établissement.

Téléchargez gratuitement notre modèle de registre

Un modèle prêt à remplir, structuré sur l'article R143-44 du CCH et la pratique des commissions de sécurité. Téléchargement direct, sans inscription ni adresse e-mail.

Télécharger le modèle (PDF) Modèle en cours de finalisation — disponible très prochainement.
Identification de l'établissement

Raison sociale, adresse, type et catégorie d'ERP, effectif/capacité, responsable unique de sécurité.

Personnel du service incendie

Noms, fonctions et formations (SSIAP, EPI) — art. R143-44 1°.

Consignes de sécurité et d'évacuation

Consignes générales et particulières, consignes handicap, plans, points de rassemblement — art. R143-44 2°.

Contrôles et vérifications

Tableau par équipement : date, intervenant, observations, prochaine échéance — art. R143-44 3°.

Travaux et modifications

Date, nature, entreprise, architecte ou technicien — art. R143-44 4°.

Formations et exercices d'évacuation

Dates, participants, comptes-rendus (exercices au moins tous les 6 mois en milieu de travail).

Observations et suites données

PV de commission de sécurité, anomalies relevées, actions correctives.

Page de garde et notice d'usage

Rappel des articles applicables (R143-44) et mention de l'évolution au 1ᵉʳ juillet 2026.

Ce modèle est une aide pratique, pas le registre réglementaire officiel d'un ERP soumis à commission. Selon la catégorie de votre établissement, la commission de sécurité peut exiger un format relié et paginé : vérifiez ce point avant de la rencontrer.

Support

Registre papier ou registre dématérialisé ?

La réglementation n'impose pas le support papier : un registre tenu de façon dématérialisée est admis, dès lors qu'il est complet, à jour et présentable à la commission de sécurité. Chacun a ses avantages.

Le registre papier

Toujours disponible, sans dépendance technique
Format attendu/relié possible selon la catégorie d'ERP
Risque de perte, d'oubli de mise à jour ou d'écriture illisible

Le registre dématérialisé

Rappels d'échéances et historique horodaté
Partage facile avec les prestataires et la commission
Suppose un outil fiable, sauvegardé et accessible le jour J
En pratique

Le registre consigne les vérifications : encore faut-il les faire

Un registre n'a de valeur que s'il reflète des contrôles réellement effectués. Le point 3° de l'article R143-44 — les dates des contrôles et vérifications — suppose que vos extincteurs, votre alarme, votre désenfumage et votre éclairage de sécurité soient vérifiés au moins une fois par an par une personne compétente.

C'est là qu'intervient la maintenance. Un contrat de maintenance annuel garantit que chaque vérification est réalisée à échéance et reportée dans votre registre, sans oubli. Pour situer le budget, consultez nos tarifs indicatifs.

Faites vérifier vos équipements de sécurité incendie

Recevez gratuitement des devis de mainteneurs certifiés près de chez vous.

Demander un devis
FAQ

Questions fréquentes sur le registre de sécurité

Obligation, contenu, responsabilité, support : les réponses essentielles.

Le registre de sécurité incendie est-il obligatoire ?

Oui, en ERP : le registre de sécurité est imposé par l'article <strong>R143-44 du Code de la construction et de l'habitation</strong> et présenté à la commission de sécurité lors de ses visites. En lieu de travail, le Code du travail impose des obligations de traçabilité distinctes (registre des exercices d'évacuation, consignes, dossier de maintenance) plutôt qu'un registre global unique.

Qu'est-ce que le registre de sécurité incendie ?

C'est le document — papier ou dématérialisé — qui consigne, dans la durée, tout ce qui touche à la sécurité incendie d'un ERP : personnel chargé du service incendie, consignes, dates des contrôles et vérifications, et dates des travaux. Il sert de mémoire de l'établissement et de preuve de conformité face à la commission de sécurité.

Que doit contenir le registre de sécurité d'un ERP ?

L'article R143-44 du CCH fixe une liste de quatre points : <strong>1°</strong> l'état du personnel chargé du service d'incendie ; <strong>2°</strong> les consignes (générales et particulières), y compris les consignes d'évacuation tenant compte des handicaps ; <strong>3°</strong> les dates des contrôles et vérifications avec les observations ; <strong>4°</strong> les dates des travaux d'aménagement ou de transformation. En pratique, on y joint aussi les formations et exercices d'évacuation.

Qui doit tenir le registre de sécurité ?

C'est <strong>l'exploitant (chef d'établissement)</strong> qui tient le registre et le met à jour à chaque changement. Il doit pouvoir le présenter à la commission de sécurité (CCDSA) lors de ses contrôles. Le registre peut être tenu sur support papier ou de façon dématérialisée.

Comment obtenir un registre de sécurité incendie ?

Vous pouvez utiliser un modèle à remplir, comme celui que nous mettons gratuitement à votre disposition sur cette page (téléchargement direct, sans inscription). Selon la catégorie de l'ERP, la commission de sécurité peut attendre un format relié et paginé : vérifiez ce point auprès d'elle.

Le Code du travail impose-t-il une fréquence de vérification des extincteurs ?

Non. <strong>Le Code du travail ne fixe aucune fréquence chiffrée par type de matériel.</strong> Il impose que les installations soient entretenues et vérifiées « suivant une périodicité appropriée » (art. R4224-17) et que les extincteurs soient maintenus en bon état. Les fréquences annuelles couramment citées proviennent des normes (NF, référentiels APSAD) et, en ERP, du règlement de sécurité — pas du Code du travail.
Mise en conformité

Vos vérifications sont-elles à jour ?

Le registre tient la trace de vos contrôles. Pour qu'il reste à jour, comparez des mainteneurs certifiés de votre secteur — devis gratuit, sans engagement.

Certifié APSAD
Devis gratuit
Partout en France